Comment ça marche ?

comment fonctionne une imprimante 3d ?
L’impression 3D n’est pas une technologie qui fonctionne d’une seule et même manière. Il existe une douzaine de procédés permettant d’imprimer des objets en 3D. Si les techniques sont différentes sur la forme, le principe est toujours le même… Il consiste à superposer des couches de matières avec une imprimante 3D selon les cordonnées transmises par un fichier 3D. Le guide suivant révèle le fonctionnement de cette machine étape par étape, ainsi que les logiciels et les matériaux qu’elle utilise.

Fonctionnement de l’imprimante 3D

L’impression 3D fonctionne selon plusieurs procédés, celui-ci va dépendre du modèle de l’imprimante et de la technique employée pour déposer les couches de matières. On peut classer ces procédés en trois grands groupes :

- le dépôt de matière
- la solidification par la lumière
- l’agglomération par collage

Le point commun entre ces trois techniques c’est qu’elles fonctionnent toutes selon le « couche par couche ». Seule la façon dont sont appliquées et traitées ses couches est différente ainsi que le matériau utilisé.

Pour chacun de ces processus vous aurez besoin :

- d’une imprimante 3D adaptée au process de fabrication
– du fichier 3D (au format STL) de votre objet ou d’un logiciel pour le modéliser
– d’un logiciel pour préparer ce fichier
– d’un ordinateur pour effectuer ces opérations et transmettre à l’imprimante toutes les indications du fichier 3D.

(Selon les modèles, la manière d’exporter vos fichiers vers l’imprimante diffère (câble USB, Wi-Fi ou carte SD)

1 – L’impression par dépôt de matière

La FDM

explication les différente étape du FDM

La majorité des imprimantes 3D personnelles fonctionnent selon ce principe. FDM est l’acronyme anglais de Fused Deposition Modeling qui signifie dépôt de matière fondue. Ce procédé inventé il y a plus de 20 ans par la société Stratasys a depuis révolutionné l’impression 3D. Cette technique consiste à déposer couche par couche un fil de matière thermoplastique (ou de métal) fondu à 185°C pour créer une pièce. Par le biais d’un fichier spécialisé (CAO) l’imprimante va transmettre les coordonnées X et Y à la tête d’impression qui va se déplacer et donner la forme de l’objet. Les matériaux les plus couramment utilisés sont des plastiques appelés PLA et ABS. Plus rarement certaines machines utilisent des cires ou des polycarbonates. A l’heure actuelle l’industrie agroalimentaire et la médecine sont en train de s’emparer de cette technique pour imprimer des aliments et de cellules en adaptant la tête d’impression.

La FDM offre l’avantage de pouvoir produire des pièces à géométries complexes, des objets avec des reliefs et des cavités qui seraient plus difficiles à réaliser avec des méthodes traditionnelles. Outre la facilité et la vitesse du procédé, elle permet aussi l’utilisation d’une grande diversité de matières premières et de couleurs. La qualité d’impression et de finition va dépendre avant tout du modèle de l’imprimante et des matières premières utilisées.

- Ci-dessous un tutoriel qui vous aidera à mieux comprendre le processus d’une imprimante 3D FDM et les différents étapes qui constituent une impression.


TUTORIEL REPLICATOR 3 par ENSCI

2 – La solidification par lumière

La stéréolithographie ou SLA

Ce procédé a été breveté pour la première fois en 1986 par Charles Hull co-fondateur de 3D Systems la célèbre marque d’imprimantes 3D. Appelé aussi SLA (Stéréolithographie Apparatus) cette technique consiste à solidifier un liquide photosensible par le biais d’un rayon laser ultraviolet. Les imprimantes fonctionnant par SLA ont quatre parties principales: un réservoir qui peut être rempli avec un liquide photopolymère, une plate-forme perforée qui est descendue dans le réservoir, un rayonnement ultraviolet (UV ) et d’un ordinateur commandant la plate-forme et le laser.

Tout comme la FDM, l’imprimante va dans un premier analyser le fichier CAO, puis en fonction de la forme de l’objet va lui ajouter des fixations temporaires pour maintenir certaines parties qui pourraient s’affaisser. Puis le laser va commencer par toucher et durcir instantanément la première couche de l’objet à imprimer. Une fois que la couche initiale de l’objet a durci, la plate-forme est abaissée, est ensuite exposée une nouvelle couche de surface de polymère liquide. Le laser trace à nouveau une section transversale de l’objet qui colle instantanément à la pièce durcie du dessous.

Ce processus se répète encore et encore jusqu’à ce que la totalité de l’objet ce soit formé et soit entièrement immergé dans le réservoir. La plateforme va ensuite se relever pour faire apparaitre l’objet fini en trois dimensions. Après qu’il ai été rincé avec un solvant liquide pour le débarrasser de l’excès de résine, l’objet est cuit dans un four à ultraviolet pour durcir la matière plastique supplémentaire.

Les objets fabriqués selon la stéréolithographie ont généralement une bonne qualité de finition et de détail (0,0005 mm) on obtient des surfaces bien lisses et régulières. Qualitativement elle fait partie des meilleurs techniques d’impression 3D actuellement. La durée nécessaire pour créer un objet avec cette technique dépend également de la taille de la machine utilisée pour l’imprimer. La SLA offre aussi l’avantage de pouvoir produire de grosses pièces (de plusieurs mètres), pour ces objets là il faudra plusieurs jours, pour des plus petites comptez quelques heures.

Parmi ces inconvénients, un coût plus élevé que la FDM et un panel de matériaux et des coloris plus limités du fait des polymères utilisés comme matière première. Les solvants et les liquides polymères dégageant par ailleurs des vapeurs toxiques durant l’impression, votre local devra être équipé d’une hotte aspirante pour l’aération.

La Polyjet

 principe de fabrication par polyjetCette Technologie brevetée par la société israélo-américaine Objet Geometries Ltd, fonctionne aussi sur le principe de photopolymérisation. De la même manière, l’objet sera modélisé en 3D avec un logiciel spécialisé (AutoCAD par exemple) puis son fichier envoyé à l’imprimante. Les têtes d’impressions vont alors déposer en goutte à goutte de la matière photosensible sur un support de gel, selon les coordonnées transmises par le fichier. Une fois la matière déposée, celle-ci va être exposée à un rayon ultraviolet qui va alors la durcir instantanément. L’opération sera répétée jusqu’à obtention de l’objet final, il ne restera alors plus qu’à le nettoyer. Avec une précision de l’ordre de 0,005mm il est possible de réaliser des objets avec un haut niveau de détail et des pièces d’assemblage pouvant s’imbriquer comme des engrenages.

Objet Geometries a par la suite affiné cette technique en mettant au point Polyjet Matrix. Avec 96 embouts pour chacune de ses têtes d’impression, il est possible pour l’utilisateur de combiner plusieurs matériaux différents, souples ou plus rigides. En vous permettant de créer votre propre composite, ce procédé vous offre la possibilité d’imprimer des d’objets plus variés et plus complexes.

Le frittage laser

Cette technique crée par un étudiant américain dans une université du Texas en 1980, a été développée plus tard (2003) par la société allemande EOS. Appelée aussi SLS (Selective Laser Sintering), il s’agit également d’un processus d’impression par laser. Cette fois ci un faisceau laser très puissant va fusionner une poudre (1mm d’épaisseur) à des points très précis définis par un fichier STL que communique votre ordinateur à votre imprimante. Les particules de poudre sous l’effet de la chaleur vont alors fondre et finir par se fusionner entres elles. Une nouvelle couche de poudre fine est ensuite étalée et à nouveau durcie par le laser puis reliée à la première. Cette opération est répétée plusieurs fois jusqu’à ce que votre pièce soit finie. Ensuite, votre partie est soulevée de la poudre libre et l’objet est brossé puis sablé ou poncé à la main pour les finitions.

La poudre que l’on utilise le plus souvent pour ce type d’impression est la polyamide. De couleur blanche ce matériau est en fait un nylon. Il va donner à votre objet une surface poreuse qui pourra d’ailleurs être repeint si vous souhaitez lui donner de la couleur. D’autres composants comme de la poudre de verre, de la céramique ou du plastique sont aussi utilisés. Souvent les fabricants utilisent un mélange de deux sortes de poudres pour obtenir des objets plus aboutis.

Sur le même principe on retrouve aussi le DMLS qui est l’abrégé de Direct Metal Laser Sintering. Ce procédé permet de réaliser des objets en métal en fusionnant cette fois une poudre de fines particules métalliques. Presque tous les métaux peuvent être utilisés, cela va du cobalt au titane en passant par l’acier et des alliages comme l’Inconel.

Même si sa précision d’impression est inférieure au SLA, le frittage laser permet de fabriquer des pièces avec un niveau de détail assez élevé (0.1mm) et à géométrie complexe. De plus la poudre restante qui n’aura pas été passée au laser pourra être réutilisée la fois suivante. Généralement les pièces obtenues avec ce processus demande davantage de finitions (ponçage, peinture, vernis…) que le SLA du fait du rendu un peu granuleux.

3 – L’agglomération de poudre par collage

La 3DP

l'impression selon le processus 3DPInitialement développé en 1993 au Massachusetts à l’Institut of Technology (MIT) en 1993, 3DP (Three-Dimensional Printing) constitue la base du processus d’impression 3D de Z Corporation. Le procédé consiste en l’étalement d’une fine couche de poudre de composite sur une plateforme. Puis sur celle-ci, la tête d’impression va déposer des petites gouttes de glue colorées. En combinant ses gouttes on obtient alors la couleur désirée. La plateforme s’abaisse au fur et à mesure que les couches de poudre sont collées jusqu’à obtenir l’objet final. Pour la finition il faudra chauffer la pièce et aspirer l’excédent de poudre. La 3DP a l’avantage d’être rapide et de proposer une large gamme de couleurs. Jusqu’à 6 fois moins cher qu’une imprimante SLA son prix est plus attractif malgré une précision et une qualité d’impression parfois inférieure. Parmi les inconvénients, sans traitement post-impression les pièces sont plus fragiles et leur surface est plus rugueuse.

  • Les matériaux

Lizez notre article sur les matériaux dédiés à l’impression 3D, les différentes famille de consommables, les caractéristiques et les utilisations des matières premières.

  • Les fichiers et les logiciels

Retrouvez notre guide consacré aux fichiers aux logiciels 3D, deux éléments importants avant de lancer l’impression d’un objet.

  • Se former à l’impression 3D

Si vous souhaitez vous initier à l’impression 3D lizez l’article qui suit où diverses formations consacrées à cette technologie sont abordées. Des stages pour mieux comprendre ce procédé aussi bien destinés aux professionnels qu’aux particuliers.

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